Le mental est comme un couteau à double tranchant : si l’on ne sait pas bien s’en servir, on finit par se couper.

Pour pouvoir l’utiliser, il faut d’abord savoir que nous ne sommes pas lui. Nous sommes quelque chose qui le dépasse. Car si nous nous situons à son niveau, ou en dessous de lui, nous ne pourrons pas nous en servir correctement.

Le plus souvent, nous sommes fusionnés avec l’intellect, identifiés à lui, au point d’avoir l’impression qu’aucune distance n’existe entre lui et nous. Et parce qu’il n’y a pas cette distance, nous finissons par croire qu’il est nous. Or, dès lors que nous le prenons pour nous-mêmes, nous n’osons plus le regarder en face pour commencer à le comprendre.

C’est pourquoi le cheminement spirituel consiste souvent à créer puis à allonger progressivement cette distance. Car lorsqu’il y a de la distance, nous ne restons plus collés à lui ; et lorsque nous ne sommes plus collés, notre vision n’est plus obscurcie, si bien que nous pouvons voir davantage de choses sans nous y attacher. Plus cette distance grandit, plus nous comprenons clairement que nous et le mental ne sommes pas une seule et même chose. Il n’est pas nous. Et c’est seulement lorsqu’on sait qu’il n’est pas nous qu’on ose enfin regarder en face les parts d’ombre que le mental nous faisait prendre pour nous-mêmes. Parce que nous le croyions, nous n’osions pas les regarder. Mais en les regardant peu à peu, l’ombre commence à être comprise puis transformée. Le chemin spirituel progresse alors très naturellement.

Ainsi, la discipline, la concentration et la sagesse se déploient selon ce processus. On reconnaît d’abord que l’outil mental n’est pas soi, mais, emportés par l’ancien élan, nous y sommes encore trop attachés. Alors nous commençons peu à peu à relâcher cette adhérence : c’est la discipline (giới), en réduisant notre exposition aux influences qui nous font retomber dans l’identification par habitude, c’est-à-dire aux facteurs qui nourrissent les conditionnements karmiques. Peu à peu, à mesure que la distance avec le mental s’allonge, naît alors la concentration (định) : la distance est là, donc nous ne nous laissons plus entraîner aussi facilement par les influences extérieures. Et une fois cette stabilité établie, la vision devient claire comme en plein jour. Dans cette clarté, le cerveau ne peut plus fonctionner dans la confusion ; il fonctionne sous la lumière, donnant naissance à ce que l’on appelle la meta-awareness, la conscience réflexive, ou encore la sagesse (tuệ).

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